Alain Boos

Vice-président .

Engagé comme bien d’autres dans la vie associative et intéressé par la vie de notre ville, j’ai toujours été frappé par le fossé entre les effets d’annonces et les opinions des personnes que  rencontrais au sujet des problèmes rencontrés au quotidien. Les déceptions étaient nombreuses, comme le tracé de la nouvelle ligne du tram vers Koenigshoffen, les terrasses des cafés qui grignotent l’espace laissé aux piétons et aux cyclistes, les bruits nocturnes, le manque d’arbres et d’espaces verts, bref un sentiment de mécontentement et de frustration.

 

Tous ces gens investis dans la vie de leur quartier, qui souvent militent et s’engagent au service des autres, se disent déçus par les réactions ou le silence des élus qui, à chaque renouvellement du conseil municipal, mettent en pratique les conseils d’un homme politique de la quatrième République : “les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent”. Plus grave encore, quand les associations ou des individus font part de leur mécontentement et des problèmes rencontrés, ces mêmes élus réagissent en mettant en pratique un autre conseil de celui-ci: “la politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent ».

 

Et pourtant Strasbourg égrène année après année les réussites de notre ville dans les palmarès des médias: une ville qui aime les jeunes, les vieux, les animaux, j’en oublie. Strasbourg capitale du vélo, du bien vivre, des études, de la santé et….. de la Démocratie.

Aussi, comme beaucoup d’autres j’ai été séduit par l’initiative de Chantal Cutajar, qui a relevé le défi de donner sens et corps à l’ambitieux projet de co-construction et de Démocratie participative. Pendant trois ans, aux côtés de femmes et d’hommes formidables, j’ai participé à de très nombreuses réunions. L’enthousiasme communicatif et mobilisateur de la journée organisée au Conseil de l’Europe m’a encouragé en cela. Un travail collectif qui a été récompensé par le vote solennel d’adoption du Pacte lors d’un conseil municipal exceptionnel le 16 avril 2018.

 

Le bilan de cet engagement de citoyennes et citoyens est très encourageant : droit d’interpeller, droit de pétitionner, …. budget participatif, comité d’éthique, groupe d’évaluation.
Alors que nous serons appelés à choisir un nouveau conseil municipal, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la pérennité de ces avancées. Nous avons bien remarqué les réticences de certains élus face au Pacte, nous sentons bien la récupération de cette démarche du pacte par certains candidats, conseillés par des pros, disposant de gros budgets, et qui se disent que cela augmentera leurs scores. 

En effet, les attentes sont fortes, l’engagement de femmes et d’hommes pour la démocratie participative est réel, les projets de listes se multiplient. Nous tous avons des idées pour notre ville, nous ne voulons pas être de simples figurants d’un scénario toujours renouvelé sur le thème : « on te laisse parler, on te promet ce que tu veux entendre et puis on continue nos petites affaires pendant six ans. »


Forts de ce constat, nous avons créé cette association pour réfléchir et construire non seulement un programme pour Strasbourg mais surtout pour continuer à influencer la politique de la ville, car nos candidats une fois élus devront tout au long du prochain mandat travailler avec nous. Là reposent l’originalité de nos statuts : les élus s’engagent à nous rendre compte de leurs actions. 


C’est pour casser le système bien rodé de la démocratie représentative et pour faire de Strasbourg la championne de la démocratie participative que j’ai participé à la création de ce mouvement « Citoyens engagés ».  Pour que nous ne soyons pas de simples figurants comme tous les six ans mais les acteurs au quotidien de la vie de notre ville.

 

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A nous citoyens d’être acteurs au quotidien de la vie de notre ville !